23 septembre 2006
Madame Samba
Madame Samba a du diabète. Alors elle vient en observation à l’hôpital. De nombreux Hulk vont l’observer.
Deux jours qu’elle est là Madame Samba et pour l’instant elle n’a pas vu grand monde. Juste une grande blonde fine nommée « Médecin » (du moins c’est ce qu’il y a d’écrit sur sa blouse blanche) qui lui a dit qu’elle a du diabète. Madame Samba est contente de le savoir.
Elle a retrouvé par hasard Madame Silva au 7ème étage. D’habitude elle croise Madame Silva près de sa loge ; la loge de l’aile A du bâtiment B du numéro 109, à Clichy. Là, elle l’a croisée dans l’ascenseur, alors qu’elle allait à la cafétéria.
« - Madame Silva, qu’est ce que vous faites là ?
- J’ai un gros foie, et vous ?
- Du diabète. Alors ils m’observent »
Madame Samba s’ennuie souvent. Oh, le matin passe plutôt vite, même si elle ne comprend pas pourquoi l’infirmière s’obstine à lui apporter son petit déjeuner à 7h30. Elle leur a dit pourtant que c’était trop tôt, qu’elle voulait dormir plus longtemps mais l’infirmière n’entend pas. Madame Samba a vu qu’il y a une boite à lettres en bois dans le couloir. « Suggestions » qu’elle s’appelle la boite. Elle se promet d’écrire un mot sur l’heure du petit déjeuner et de le glisser dans la boite.
Le petit déjeuner avalé, elle allume la télé, toujours sur France 2. Pour les « Feux de l’amour ». Elle se reconnaît dans les histoires qu’elle regarde. Elle aussi a connu un Steve qui est parti lorsqu’elle était enceinte de France-Marie. Puis, elle a rencontré John, un vendredi soir, à l’Amazone, la boite afro-antillaise de Clichy. Ils ont dansé un zouk, deux, trois. Elle a jouit sur une des banquettes exotiques situées dans la pénombre de la salle. Elle n’a jamais revu John. Mamadou est né 9 mois après le coup du yukulélé.
Madame Samba a fait venir sa mère de là-bas. Les français blancs disent « le bled ». Ils n’y connaissent rien : les africains disent « là-bas ».
Madame Samba mère s’occupent des enfants pendant que Madame Samba fille roupille devant les malheurs de Steve, Brenda, John et autres Kimberley.
Mamadou est là. Il ne fait pas le fier. Il a beau avoir 12 ans et de la moustache, devant sa mère l’âge et la moustache s’envolent.
Il baisse les yeux. D’abord c’est Mustapha qui a commencé : il a balancé dans la cour, devant tous ses copains, que si les noirs avaient les dents blanches, c’était pour les voir la nuit. Alors forcément le poing est parti. Il ne pouvait pas penser qu’il casserait le nez de Mustapha. Et puis de toutes façons, si son père vivait avec eux, ce serait pas pareil, il aurait pu le défendre. Sa mère aurait du se marier avec un gars de là-bas au lieu de faire la pute à l’Amazone.
Mamadou n’a pas vu la main de sa mère se lever.
Quand on a 12 ans et de la moustache, on n’aime pas se prendre une gifle par sa mère. Alors Mamadou retient ses larmes. C’est lui l’homme de la maison.
Madame Samba mère a appelé. L’assistante sociale est passée pour lui présenter l’aide au retour au pays. Elle a été multipliée par deux ! C’est la promo de l’été. Sauf que France-marie n’était pas là, Mamadou non plus, Steve et John encore moins. Elle n’était pas contente l’assistante sociale « Si ça continue, on va vous couper les allocs ».
C’est l’après-midi. C’est long les après-midi à l’hôpital. L’infirmière lui a ordonné de ne pas quitter la chambre et de rester à jeun : elle a des examens à faire. Mais Madame Samba s’ennuie.
Alors elle prend l’ascenseur et se retrouve au 7ème étage. Madame Ben Ali est dans la chambre de Madame Silva. Madame Ben Ali, c’est la kabyle qui habite l’aile B du bâtiment B du numéro 109, à Clichy, juste à côté de l’aile A. Elle a apporté des cornes de gazelle.
Madame Samba trouve que c’est bon les cornes de gazelle
Madame Samba a du diabète. Alors elle vient en observation à l’hôpital
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19 septembre 2006
La jeune fille et les ânes
Fiction de moi
Elle n’aurait jamais du lui montrer la carte qu’elle avait reçue. Elle venait de Corse, cette île si belle, si sauvage et vaguement terroriste. Au recto de la carte, un âne. Du moins la tête d’un âne. A la gauche de la tête : des petits cœurs et cette inscription : « Gros Bisous de Corse »
Les grandes vacances étaient arrivées apportant avec elles les cartes postales de mauvais goût.
Au verso de cette carte, en caractères imprimés, l’éditeur avait légendé l’image par ces mots : « La Corse ». Aude lui écrivait qu’elle espérait que cet envoi de bon goût la ferait remarquer dans l’immeuble.
Alice ne sut pas pourquoi elle aimanta cette carte postale sur son frigo. Peut être pour se rassurer : ses amis pensaient à elle.
Lorsqu’Anne vint ce soir-là dîner, elle vit la carte. « C’est pour assurer ma réputation auprès de l’immeuble » bougonna Alice.
Une semaine plus tard, parmi ses factures : un âne. Un peu plus défraichi et moins souriant que le premier. L’âne lui envoyait de bons baisers des Pyrénées. Anne avait cru bon lui préciser que la réputation auprès du facteur n’était plus à faire. Les Pyrénées rejoignirent la Corse sur le frigo.
Lorsque Matthieu passa prendre l’apéro le lendemain, il trouva un air de famille à ses deux équidés. Alice fut à peine surprise de recevoir des baisers d’Auch envoyés par un âne derrière son enclos. « Entretien d’une réputation. Matthieu ».
Et voilà comment une réputation et une collection virent le jour sans qu’Alice n’eut la moindre emprise sur elles.
Au début elle avait souri. Quand elle avait atteint la dizaine d’ânes aimantés sur le frigidaire, elle s’était demandé s’il n’y avait tout de même pas un message caché : têtue, elle ? Quels cris poussait elle en faisant l’amour ? Quoi ses dents ?
Les ânes avaient envahi son frigo : plus de place pour la liste de courses, ni pour les factures à payer.
Ses amis avaient pris l’habitude de venir les saluer à chacune de leur venue chez Alice. « Celle-là, c’est quand j’étais parti faire du rafting en Corse » « Tu te rends compte qu’ils vendent des cartes postales d’âne en bas de la Tour Eiffel ? » « Je n’aurais jamais imaginé en trouver une à Pompéi ! »
Alice avait bien tenté de les enlever. Devant le tollé suscité, elle les remis.
La collection s’était certes étoffée mais elle s’était surtout diversifiée : Alice possédait dorénavant un petit âne en bois avec une barrique attachée à son cou « Souvenirs de Suisse » ainsi qu’un âne en porcelaine de Limoges, une boule à neige « l’ânesse et ses petits » de Nice, la peluche Bourriquet le meilleur ami de Winnie l’ourson. A ses trente ans, ses amis lui chantèrent « Le Petit âne gris » sitôt repris en chœur par tous les invités. Tout était prétexte à enrichir sa collection.
Ainsi au fil des années, l’appartement d’Alice était devenu la maison des ânes, et elle la Reine des ânes, surnom affectueux qu’on lui avait attribué.
Trois ans qu’elle n’était pas partie en vacances. Marre de cet appartement, de la ville, des voisins bruyants. Elle préféra fuir la côte et ses bœufs de touristes. Quant à la montagne, elle craignait plus que tout une randonnée à dos d’âne. Elle mit les voiles dans le petit village de Mortagne-au-perche. Le village était situé sur une butte. De sa chambre d’hôte elle pouvait admirer la région vallonnée et verdoyante du Perche. Elle passa ses journées à découvrir la région. Jean, son hôte lui appris à pécher. Les moindres recoins de l’Huisne et de la Vilette n’eurent bientôt plus de secrets pour cette reine de la canne. Elle pris l’habitude de s’installer à la terrasse du « PMU Mortagne » tous les après-midi vers 17h et d’y lire les nouvelles du « Perche ». De son point de chute, c’est elle qui arbitrait les parties endiablées de pétanque que disputaient les mémoires vives du village.
C’est le vieux Fernand qui découvrit le carnage, un matin, à l’aube. Les dizaines de bêtes gisaient sur l’herbe. Certaines respiraient encore. Plus pour longtemps. Pour certaines la mort avait été rapide. Les autres agonisaient. Le Fernand porta sa main à la bouche : une odeur pestinentielle régnait sur ce champ de bataille. Au milieu du champ : Alice. Sa tête défigurée par la balle qu’elle s’était tirée dans la gorge. Le fusil reposait à ses côtés. Le paysan s’approcha d’elle. Elle tenait encore dans sa main droite le journal. C’était l’édition de la veille. Fernand le reconnut. Il l’avait gardé. Pour une fois que Mortagne-au-perche faisait la Une du journal. Il faut dire que le Mondial des ânes qui devait se tenir deux jours plus tard au village était annoncé comme l’événement de la région.
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25 juillet 2006
J+274 – PM – Fin
14H : L’heure du TOGD
Direction la radiographie.
. Casaque bleue. Mais dans le sens inverse.
Elle est toujours trop petite.
Debout donc, la casaque enfilée, les seins face au vent. J’attends les ordres du manipulateur.
« Un peu plus à droite. Oui comme ça, c’est bien. Ne bougez plus ». Je retiens ma respiration.
Le manipulateur devient Helmut Newton. Et moi je ne deviens pas Kate Moss. Je reste moi.
Clic Clac c’est dans la boite. L’anneau est toujours en place.
2ème étape : on complique. J’avale un liquide blanc sans respirer. Cette opération permet au manipulateur de vérifier si je peux correctement manger… Comme je suis timide, cela fait trois mois que je ne peux pas manger, mais je n’ai pas osé le dire j’ai préféré attendre la radio…Et puis le liquide blanc, on arrête de me dire que c’est comme du lait. On dirait du plâtre liquide.
Cette deuxième étape nécessite le conseil et l’aide du monsieur en vert : je ne parle pas d’Hulk mais du chirurgien. Il regarde dans la même télévision que celle du manipulateur si tout passe bien.
« Passer » : verbe du premier groupe avec l’infinitif en « er ». Verbe qui s’emploie fréquemment pour les personnes qui ont un anneau gastrique. « Ca passe pas », sous entendu ça bloque, sous entendu « Ou sont les toileeeeeettes ??? ». Verbe accompagné souvent de la négation « ne…pas » en ce qui nous concerne. On peut y ajouter « mal » aussi, c’est souvent juste.
. Là, en l’occurrence, « ça passe bien ».
Verdict du chirurgien. « Oui, ça ne fonctionne pas ». « Vous l’anneau ne changera rien. Pour maigrir il va vous falloir de la volonté ! ».
Le C.O.N.N.A.R.D ! Je décrète les cours de psychologie obligatoires pour les médecins.
Je n’ai donc aucune volonté. Sur 27 années, j’en ai passé 25 à faire attention à mon alimentation, à supporter le regard des autres en faisant semblant de m’y habituer, à enchainer les échecs les uns après les autres, à m’enfermer pendant un mois l’été pour mincir et finalement à même accepter un anneau non identifié dans mon corps. Et au bout de ces 25 ans, il y’a un homme en vert qui me dit qu’il va me falloir de la volonté si je veux maigrir… Le C.O.N.N.A.R.D
Je vire ma casaque. Je ne suis pas un jockey. Où est la culotte de sumo ? Je ravale mes larmes. Un peu d’orgueil bordel !
La porte nucléaire se referme derrière moi.
16h. Je reviens rapidement à la chambre. Mme Samba a encore fugué.
-
« Vous n’avez pas vu ?
- NON ! »
La sortie, vite.
La voiture, vite.
Les larmes coulent.
Je n’ai pas de volonté, je ne serai jamais mince, c’est un médecin qui me l’a dit.
Tu resteras un gros tas, c’est Hulk qui me l’a dit.
De l’anneau, je divorce.
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17 mai 2006
Sans titre
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16 mai 2006
Untitled
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15 mai 2006
Mourir dans tes bras
Y en a qui meurent bien trop tard quand leur paradis est passé
Y en a qui meurent au hasard d'un coup de dé
Y en a qui meurent sans savoir qu'ils ne sont jamais nés vraiment
Y en a qui meurent sans espoir et plein d'argent
Je voudrais mourir dans tes bras
Je voudrais mourir dans tes bras
Y en a qui meurent dans les mémoires c'est bien plus que perdre la vie
Où ceux qui restent quittent le noir et vous oublient
Y en a qui meurent en marchant pour aller cacher leur vieillesse
Aux neiges du grand désert blanc, plaine de promesse
Je voudrais mourir dans tes bras
Je voudrais mourir dans tes bras
Y en a qui meurent parce que c'est beau de voir le soleil se coucher
Et d'attendre le jour nouveau de l'autre côté
Y en a qui meurent en dormant, en offrant un sourire aux anges
Y en a qui meurent encore enfant et gagnent au change
Je voudrais mourir dans tes bras
Je voudrais mourir dans tes bras
Y en a qui meurent la bouche pleine en libérant un dernier rôt
En se caressant la bedaine mais trop c'est trop
Quand d'autres vont le ventre vide berçant leur mort à bout de bras
En suivant la main qui les guide là où on ne les verra pas
Je voudrais mourir dans tes bras
Je voudrais mourir dans tes bras
Y en a qui meurent par erreur pour une poussière sur la balance
Quand la justice a ses rancoeurs ou ses absences
Y en a qui meurent dans les poubelles, les bannis de la société
Leur rêve au bout d'une ficelle, ballon crevé
Je voudrais mourir dans tes bras
Je voudrais mourir dans tes bras
Y en a qui meurent au printemps comme des éclairs, comme des flambeaux
Barrant la route pas pour instant aux chars d'assaut
Y en a qui meurent avec permis matriculé comme il se doit
Laissant un casque et un fusil sur une croix
Je voudrais mourir dans tes bras
Je voudrais mourir dans tes bras
Y en a qui meurent tous les soirs quand le spectacle est terminé
Quand ils retrouvent dans leur miroir leur vérité démaquillée
Y en a qui meurent en marguerite effeuillée d'une main distraite
Un peu, beaucoup, beaucoup trop vite et ça s'arrête
Je voudrais mourir dans tes bras
Je voudrais mourir dans tes bras
Je voudrais mourir dans tes bras
Prends ma main ne la lâches pas
Salvatore Adamo - très belle version sur l'album "Adamo à Zanzibar", live enregistré à Bruxelles en 2004.
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Apple blossoms
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14 mai 2006
Fette Vette
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13 mai 2006
Centerfuge
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08 mai 2006
Le Chant des Partisans
Ami, entends-tu le vol noir du corbeau sur nos plaines?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on Enchaîne?
Ohé! Partisans, ouvriers et paysans c'est l'alarme.
Ce soir, l'ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes.
Montez de la mine, descendez des collines camarades!
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.
Ohé! Les tueurs à la balle et au couteau tirez vite!
Ohé! Saboteur, attention à ton fardeau, dynamite!
C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères!
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse la misère!
Il est des pays où les gens aux creux des lits font des rêves!
Ici, nous vois-tu, nous on marche, nous on tue nous on crève.
Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe.
Ami si tu tombes, un ami sort de l'ombre a ta place.
Demain du sang noir séchera au grand soleil sur les routes.
Chantez compagnons dans la nuit la liberté vous écoute.
Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu'on enchaîne?
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines?
Oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh...
Ecrit et composé en Angleterre par des « français libres » pendant la seconde guerre mondiale. Les paroles sont des écrivains Joseph Kessel et Maurice Druon, la musique est d'Anna Marly. - Philippe Pierson.
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